Façonner l’avenir avec la permaculture

Download PDF

Façonner l’avenir avec la permaculture

Marcus Pan, architecte en permaculture, utilise map.geo.admin pour ses services de planification ou de conseil, mais aussi pour le projet qui lui tient le plus à cœur: la première exploitation agricole modèle et pédagogique de Suisse appliquant les principes de l’agriculture régénératrice, l’Auenhof («ferme alluviale») à Feldbach (ZH).

 

Permakultur

La permaculture promeut la conception de systèmes durables, écologiquement et économiquement viables, quasiment autorégulés et autosuffisants. La notion est principalement associée à la culture maraîchère et à l’agriculture, mais ses applications sont bien plus vastes: les complexes résidentiels, les entreprises, les communautés, les projets et les bâtiments peuvent également être organisés selon les critères de la permaculture.

À l’Académie de planification permacole «Down to Earth», les étudiants apprennent à planifier et à mettre en place des systèmes de permaculture qui fonctionnent. Marcus Pan, architecte en permaculture, en est le fondateur et le directeur. Il explique dans une interview comment les cartes et les données de swisstopo l’aident dans son travail.

Trix Barmettler et Marcus Pan
Trix Barmettler et Marcus Pan

Marcus Pan, comment se passe votre travail d’architecte et de consultant?

Mon premier réflexe est d’aller sur map.geo.admin. Je regarde où le terrain se situe, dans quelle région, et à quoi ressemblent les alentours, pour rassembler différentes données: la topographie, les sols et leurs caractéristiques. Je peux ainsi me faire une première idée avant de découvrir le terrain de visu, et cela m’aide dans mon travail de consultant. Les étudiants de l’académie consultent eux aussi régulièrement le site.

Que vous apprend map.geo.admin sur les caractéristiques des sols?

Je regarde par exemple quel type de roche on y trouve, si les sols sont menacés d’érosion, quelle est leur déclivité. Cela me permet de savoir par où commencer. J’en vérifie également l’utilisation, les éventuels assainissements réalisés, et s’il s’agit d’une zone agricole.

Comment le site aide-t-il la planification?

Je récupère toutes les informations utiles sur le site et j’imprime les cartes, avec l’échelle et les courbes de niveau. Sur le plan de base, je vois les bâtiments. Je repère les zones et les secteurs concernés par mon projet, les chemins, les cours d’eau. Les cartes montrent également les plans d’eau et les drainages. Dans la planification des systèmes permacoles, la gestion de l’eau est un des aspects les plus importants. Il faut toujours repérer dès le départ la source de l’eau, et son parcours.

Qu’utilisez-vous, exactement? Les photos aériennes ou les cartes?

Je travaille avant tout avec des photos aériennes. Mais les cartes Siegfried me sont également très utiles, car elles permettent de savoir à quoi ressemblait le terrain par le passé.

Pourquoi est-il important de connaître le passé?

Il est primordial pour moi de savoir comment le terrain était utilisé autrefois. Cela m’aide à établir une stratégie. Si je constate qu’on a cultivé sur le terrain des plantes très exigeantes au cours des dernières années, je peux supposer que le sol est très certainement épuisé, peut-être même pollué. Dans ce cas, il faudra d’abord l’assainir avant de pouvoir l’exploiter à nouveau de manière intensive.

Comment faisait-on avant la création de map.geo.admin?

S’informer prenait beaucoup plus de temps, et il fallait mesurer et niveler l’ensemble du terrain. Nous prélevions énormément d’échantillons pour obtenir les informations qui nous manquaient sur les sols et l’eau. Nous creusions des trous partout, souvent même avec de mini-pelleteuses. En un mot, tout était beaucoup plus fastidieux.

Vous avez vous-même monté votre propre projet, l’Auenhof. Que vous ont appris les cartes à son sujet?

L’Auenhof était une exploitation maraîchère et fruitière jusque dans les années 1980. Sur les cartes les plus anciennes, on voit que le moindre mètre carré était planté. Celles des décennies suivantes montrent un recul progressif de cette pratique. Certes, on tondait l’herbe, mais les sols avaient le temps de se régénérer. C’est ce qui m’a permis de savoir que je pouvais commencer immédiatement à cultiver, car le terrain a eu le temps de reconstituer ses réserves. Grâce aux cartes Siegfried des années 1800, je sais également que l’endroit était autrefois un marécage. Il y a une source à partir de laquelle l’eau peut facilement être conduite vers le bas et en dessous, une cuvette. C’est l’idéal pour les jardins aquatiques, mais pas pour les fruits et les légumes, qui poussent mieux en situation un peu plus élevée.

Permakultur

Vous y pratiquez la méthode Keyline. De quoi s’agit-il?

Nous cultivons généralement le long des courbes de niveau et nous ajoutons des canaux d’irrigation sous forme de baissières. Les plantes permettent de retenir la terre, l’eau s’écoule lentement le long des baissières pour irriguer le sol, elle n’est pas perdue. De fait, la problématique de l’eau, trop abondante ou pas assez, est aujourd’hui très actuelle. En été, il fait trop sec et lorsqu’il pleut, ce sont de gros orages et les quantités de pluie sont trop importantes. Avec la méthode Keyline, on garde l’eau sur le terrain. Avec swisstopo, nous connaissons les courbes de niveau et pouvons bien planifier le projet.

À votre avis, quelles améliorations pourrait-on apporter à map.geo.admin?

Les indications concernant les parties boisées sont un peu obsolètes comme le montrent les drones. En ce qui me concerne, j’aimerais bien savoir comment trouver des informations sur les couches souterraines des sols, disons jusqu’à un mètre de profondeur. Et évidemment, il serait formidable de pouvoir consulter des images satellites actualisées au jour le jour!

Coordination, Services et Informations Géographiques: le domaine COSIG fête ses 20 ans

Le domaine COSIG, acronyme de Coordination, Services et Informations Géographiques, a vu le jour au 1er janvier 2000. Sa mission? Créer un service coordonné de géoinformation pour éviter qu’offices et cantons aient à construire leur propre infrastructure. Sous l’influence de COSIG, swisstopo s’est transformé, passant du statut de fournisseur de géodonnées élaborant des cartes à celui d’un centre fournissant des produits et des services à tous les citoyens et citoyennes suisses. «Avec le géoportail map.geo.admin.ch, COSIG a créé un outil qui procure des bénéfices multiples et variés à tous.»

En savoir plus sur COSIG

Views All Time
23
Views Today
2

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*